Lundi 7 avril
05h00, départ de Saint Pryvé dans un froid hivernal. Christine passe me chercher a bord de son Jumpy. Nous chargeons ma monture ainsi que les deux sacs que j’ai fini de boucler vers deux heures du matin. La nuit a ete courte ! J’embrasse ma famille encore en pyjama puis nous filons.
A la hauteur d’Etampes, le sol est recouvert d’une légère couche de neige. Nous passons sans encombre l’entrée dans Paris. Pause cafe dans un rade du XVeme arrondissement. Traversons Paris avant d’arriver a Roissy vers 9h30.
Benoit, qui m’a fait beneficier d’un ticket Air France a 75 euros m’attend avec Pierrot qui a fait le déplacement pour me saluer. Une fois l’enregistrement des bagages regle, nous partageons une petite « mousse » devant les portes du terminal 2F. Le soleil fait son apparition. Nous passons ensuite aux choses serieuses. Christine a prevu un pique-nique d’au-revoir digne de se nom : foie gras maison (merci et bravo a la maman de Christine), Saint Nectaire fermier, pain aux figues et biere du nord. Ce petit festin « aéroportesque » intrigue les passant et m’aide a quitter le sol français le coeur léger.
Muchas ARIGATOS amigos !
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Mardi 8 avril
06h30, l’avion descends sur l’aeroport de Narita a travers d’enormes masses nuageuses. Chapeau aux pilotes qui arrivent a poser l’appareil malgre une visibilite quasi nulle. La pluie tombe drue. La petite balade que j’envisageais de faire depuis l’aeroport pour rejoindre le centre de Tokyo est remise a plus tard, cas de force majeur oblige...
J’envoie tous mes bagages par service de livraison express (déjà ouvert a 7h00 du matin ! Les français peuvent prendre en prendre de la graine!) depuis l’aéroport, passe récupérer les clés de l’appartement de Mathieu et Sakura (mes hotes pour ma premiere semaine a Tokyo), puis rejoins leur appartement de Todoroki ou je sombre dans un sommeil profond. Je suis réveillé a 17h par le livreur qui me remet mes paquets.
Après remontage de bicloune (mon vélo) je me rends chez un marchand de vélo du quartier pour faire regler le derailleur arriere qui a été légèrement endommage pendant le transport (11,000 km, c’est pas rien...).
Mathieu et moi célébrons les retrouvailles autour de quelques verres qui ouvre le balle des « nomikai » (soiree arrosées) qui ponctueront mon periple nippon.
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Mercredi 9 avril
J’ouvre l’oeil a 13h30. Keigo, ami cycliste rencontre au Cambodge, m’attend a la gare de Jiyugaoka depuis 12h... Nous passons l’après-midi à acheter les derniers ustensiles nécessaires a mon périple : tente, tapis de sol, carte routières...
Le soir nous rejoignons Mathieu au NAGUNE, micro pub de la GOLDEN GAI du quartier de Kabukicho
A l’étage, un espace est aménagé pour des expos photos. Nous discutons avec le maitre des lieux dont la spécialiste est le « coffee Awamori » (alcool de riz d’Okinawa dans lequel il fait macérer des graines de café torefié). La soirée se termine autour de quelques plats okinawanais (Okinawa sera, en principe, la destination finale de ce périple).
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Jeudi 10 avril
Encore un achat... Difficile de résister a la tentation d’être joignable a tout heure dans ce pays. J’investis dont dans un téléphone portable à recharge dont voici le numéro : 0081 90 1772 0540 (depuis la France) et l’email : vincejapantour2008@softbank.ne.jp
Un objet de plus a trimballer. Je risque de le regretter des les premières montées de cols de montagne...
Soiree dans un restaurant espagnol en compagnie de Mathieu et de sa compagne Sakura. Tous deux travaillent dans l’import de produits alimentaires. Sur le chemin du retour nous prenons notre « Ofuro » (le bain) dans un « sento » (maison de bains) relativement ancien décoré d’une imposante fresque murale du Mont fuji aux couleurs vives. Le bain, rite quotidien au Japon, a en plus de ses vertues décrassantes, la propriété de préparer au sommeil...
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Vendredi 11 avril
Formalités administratives oblige, je pars me faire enregistrer a la mairie de Setagaya, arrondissement de Tokyo, afin d’obtenir ma carte de séjour. Sur le chemin du retour je me perds dans le labyrinthe des petites rues calmes qui relient les grandes artères. Le hasard me menne au Gotokuji, un temple bouddhiste niche au coeur d’un petit havre de paix. Une allée plantée de pins centenaires menne au temple principale. Ici, on oublie la ville grouillante, le bruit de la circulation.
Ce soir je rejoins quelques amis de facs de Jussieux avec qui nous passons la soirée dans un « Izakaya » (restaurant pub) qui domine le quartier d’Ebisu.
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Samedi 12 avril
Saya habite Yokohama avec Shuichi et ses deux enfant Nao et Ao. Shuichi fait des allers retours entre le Japon et Taiwan ou il forme du personnel local a la gestion des grands magasins.
Aujourd’hui des amis patissiers de Saya organisent un apres-midi « motchi tsuki » (pilonnage du riz). Dit comme ca, ca fait drole, certes... Voici donc quelques photos résumant l’après-midi.
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Dimanche 13 avril
Akihabara, c’est un peu la mecque des produits electroniques en tous genres. Aujourd’hui Mathieu et moi prenons les velos pour nous y rendre. 1h30 de rando a travers la ville.
Nous faisons halte chez Shuichi qui tient un magasins de « reimen », soupe de nouilles froides corenne, non loin de la Tokyo Tower (repliquepas tres heureuse a mon gout, de la Tour Eiffel).
L’heure passee a Yodobashi-camera, temple de l’electronique d’Akihabara, est plus eprouvante que l’heure et demie passee a pedaler sur nos velos. Lumiere blanche des neons, bruit des haut-parleurs annoncant des supers promos, la foule... Dans une boutique en gros recommandee par Mathieu j’opte finallement pour un Nikon D60 a 68,000 yens et un Epson P5000 (56,000 yens) pour le stockage de mes photos.
Nicolas, Akemi et leur chat nous recoivent pour diner.
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Lundi 14 avril
Nouvelle randonnée a travers la grande ville. Je crois commencer a la comprendre mais non... Je m’arrête tous les 500 metres pour demander mon chemin.
Premier arrêt chez un marchand de velo pour faire redresser ma selle (j’ai emprunte le velo de Sakura). Le type est d’humeur joyeuse. Je lui raconte mon projet de traversée du Japon. Aussitot il part fouiner dans ses tirroirs et en sort des photos de ses voyages à vélo sur des iles de l’archipel. C’est un passionné !
Je rends visite a Eric et Fred a l’Ambassade de France. Le soir, je retrouve Jiao (amie de lycee de Wei, originaire de Shenyang) a qui je remets le colis de France que Wei m’a confie avant de partir.
Retour pénible a travers la ville dont je ne comprends décidement plus trop la morphologie... Heureusement que les rues de Tokyo ne sont jamais désertes même aux heures avancées de la nuit, il y a toujours quelqu’un pour vous renseigner.
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Mardi 15 avril
Ca y est, je prends enfin la route... Seulement pour une quarantaine de kilometres seulement certes, mais pas des moindres... Direction Tokorozawa dans la prefecture de Saitama ou je vais passer ma deuxieme semaine tokyoite chez Yutaka, Hiromi et Roza, leur fille.
15h00, apres des preparatifs laborieux, je charge bicloune puis fait un arret a « Positivo », la boutique ou j’ai commande ma saccoche de guidon, derniere touche a ma panoplie d’apprenti voyageur. Le patron, la trentaine, a passe plusieurs annee au service d’une equipe de cyclisme italienne comme mecanicien. Avant de nous quitter il griffonne mon itineraire sur un morceau de papier. Ciao !
16h, c’est parti. Les premiers kilometres sont plutot ageable jusqu’a la « kanpachidori », un grand axe sur lequel les voitures me frolent. Je garde mon sang froid car c’est la norme ici. La chausse est etroite, les automobilistes presses. Bilan des courses, 99% des cyclistes roulent sur les trottoirs malgre l’interdiction officielle...
19h, j’arrive chez Yutaka. En me voyant debarquer, la petite Rosa (1 an et 4 mois) s’enfuie en pleurant vers les robes de sa maman. Hiromi va accoucher d’ci quelques jours. Nous dinons dans un izakaya comme je les aime : légèrement enfumé par les odeurs de grillades, bruyant, bière blonde pression servie frappée, vaste salles en tatamis...
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Vendredi 18 avril
15h, je rejoins Shinjuku, quartier de la gande gare (la plus grande gare du monde par le nombre de passagers) de Tokyo. Le brouillard enveloppe les hautes tours du quartier qui en compte quelques centaines. Une pluie froide et fine poussee par le vent tombe sur la ville.
Un homme d’une soixantaine d’annee, l’air pomme me demande de l’argent, il n’a pas mange et n’a pas de quoi se payer le billet de train pour rentrer dans son foyer. Je lui donne un petit billet. Il a l’air d’un bon bougre et par ce temps la, je n’aimerais pas etre a sa place. Quemander de l’argent ne se fait pas au Japon.
A Kinokuniya, grande librairie sur 6 etages, j’investis dans un atlas routier qui me permettra d’eviter les grands axes hostiles aux cyclistes. En sortant je retombe sur le meme type qui me demande maintenant de lui payer son billet de train. Je lui reponds gentiment d’essayer ailleurs. Il s’en va tout penaud...
Ce soir je loge chez Eric et Nozomi a Hiroo, le quartier des ambassades. Nozomi est enceinte de 6 mois. Eric est un adversaire redoutable quand il s’agit de vider des pintes. Apres un apperitif bien arrose, nous sortons ecumer les bars du quartier d’Ebisu qu’il connait par coeur. Les serveuses semblent bien le connaitre, le petit francais...
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Samedi 19 avril
10h, je rejoins Keigo et Ikuko devant la gare de Yokohama. Nous avons passe une semaine ensemble a la Takeo Guesthouse de Siem Riep, Canbodge en decembre 2005. La quatrieme recrue de la bande, Junko, est un peu febrile, on la retrouvera le soir.
Premier jour de beau temps avec cependant des rafales de vent a plus de cent km/h. Sur la promenade du port, le embruns volent jusqu’a quelques dizaines de metres de la mer. Qui dit Yokohama dit China Town. Nous faisons escale dans un resto ou nous nous rememorons les souvenirs cambodgiens.
Vers 19 heures nous rejoingnons Junko chez Emiko, sa collegue de travail, chez qui elle loge. Toutes les deux travaillent dans un ecole maternelle de Kawasaki (cite dortoire de Tokyo). Au menu ce soir : riz au curry japonais, salade composee et « nabe », fondue au poisson, viande et legumes. Nous sommes cinq celibataires. Les discussions de la soiree tournent autour des problemes de couples et des voyages. Emiko propose que nous nous retrouvions tous au mois de septembre dans la region de Nagano ou sa famille a un chalet.
Minuit, le dernier train me ramene chez mes hotes a Tokorozawa, Yutaka et Hiromi. Apres un bon bain, j’entre dans le salon ou un comite d’acceuil m’attends. Tomohito le petit frere d’Hiromi, sa petite amie, leur ami et la maman d’Hiromi veulent voir Vince le francais en chair et en os. Passee l’habituel seance d’exclamations d’etonnement face a l’etranger capable de parler japonais relativement couramment j’ai droit a divers questions sur la France et ses habitants :
« c’est vrai que les francais repondent en francais quand on leur pose une question en anglais ? »
« c’est vrai qu’on peut aller de France en Suisse en voiture ?»
« c’est vrai que les francais mangent du pain tous les jours ? »
Ce sont des questions assez recurrentes. On me les a deja posees quelques centaines de fois et je vais devoir y repondre un certains nombre de fois encore... OYASUMI, bonne nuit !